Get this from a library! Nous habitons ici ! Si vous ne pouvez pas assurer notre sécurité, nous partons. On me répondit qu’il y en avait en quantité suffisante au moins jusqu’à l’an 2000. Nous nous sommes retrouvés sans défense. J’ai emporté des instruments pour mesurer le fond. Deux mois plus tard, nous nous comportions normalement. On fêtait les quarante ans de la Victoire. , en nous isolant de ce qui nous entourait. On nous a dit que nous pourrions avoir de nouveau des enfants au bout de cinq ans. Nous étions toujours escortés par un représentant des autorités locales. Il faut préserver les faits. une nouvelle guerre du Caucase est-elle en cours ou va-t-elle seulement commencer ? En fait, nous ne l’avons pas compris. 13. Où fuir ? Deux personnes coexistaient en moi : celles d’avant Tchernobyl et celle de Tchernobyl. est impossible, on va évacuer la population, mais chez vous, c’est calme. L’ère de la physique ! Ils vont continuellement à des enterrements… Et nous ? La Supplication : Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse de Svetlana Alexievitch - On prétend que les animaux n’ont pas de conscience, qu’ils ne pensent pas. Mais ma fille y fait des sauts, comme si elle voulait se faire à l’idée… Nous aurions pu partir d’ici, mais mon mari et moi, nous avons réfléchi et y avons renoncé. Soudain arrive l’ordre de former une nouvelle équipe et de l’envoyer sur le toit. ... La supplication by Svetlana Alexievitch(1998-10-01) La supplication by Svetlana Alexievitch(1998-10-01) de Svetlana Alexievitch. Une luciole. Tu n’aurais pas dû ! Les gens ne sourient plus, ne chantent plus. La prime était de 500 roubles. Author pages are created from data sourced from our academic publisher partnerships and public sources. Je m’imaginais des maladies horribles, inconcevables alors que je suis médecin. Tchernobyl a ouvert un abîme, quelque chose de plus insondable que la Kolyma, Auschwitz et l’holocauste. Ceux-là attendaient un miracle… Nous autres, Biélorusses, nous n’avons jamais eu d’éternité. La Supplication Tchernobyl Chroniques Du Monde Aprs L. La Supplication Tchernobyl Chroniques Du Monde Aprs L. La Supplication Tchernobyl Chroniques Du Monde Aprs L. La Supplication Tchernobyl Chronique Du Monde Aprs L. Les Livres De 1 / 17 Le soir du même jour, la voisine nous a apporté des cachets qu’elle avait eus par l’un de ses parents qui travaillait à l’Institut de la physique nucléaire et lui avait expliqué comment les prendre. Tout le monde veut se venger des communistes… Mais si les autres se taisent, moi, je vais parler. Plusieurs n’avaient même pas pris leur rasoir car ils étaient certains de n’y aller que pour quelques heures. C’était effrayant, inhabituel… Les dosimétristes ont contrôlé mon bureau. Mais je n’en ai pas encore la certitude… La vie est une chose étonnante ! À la fois innocents et indifférents. Cette peur éternelle que l’on nous ait inculquée pendant des décennies ! a répondu le gosse…parce que nous mourrons tous bientôt. Ils écoutaient la radio de chez eux et savaient ce qu’il fallait faire. Lave- toi les cheveux… » J’ai raccroché. La supplication. Il n’y avait aucun précédent, ni chez nous ni dans le monde entier. Mais maintenant, après Tchernobyl, tout a changé. Tu recevais un verre de vodka et du tabac. Ce sont des gens privés d’immortalité qui en tuent d’autres. La supplication, Svetlana Alexievitch, cours n° : 8. Nous avions un contrat avec l’Institut de physique nucléaire pour l’analyse de nos terres. Une terre sur laquelle il est impossible de (185) semer, un portillon fermé à clef, des paysans produisant encore de l’alcool qu’ils nous vendaient… Car nous avions beaucoup d’argent : trois fois le salaire mensuel plus des frais de séjour multipliés par trois. Ils organisaient des défilés, des manœuvres. C’était très grave, cela représente la limite admise dans des locaux soumis à l’irradiation pour une durée de travail ne dépassant pas 6 heures. Il fallait sauver les gens, les évacuer d’urgence ! Toutes les citations de la version 1983 sont traduites par G. Ackerman d’après l’édition : Svetlana Alexievitch, Ou voïny ne jenskoïe litso. Pour Tchernobyl, il faudra bien répondre un jour, comme pour 1937. Et maintenant, les démocrates ont tout vendu, tout hypothéqué. Nous sommes en même temps ses victimes et ses prêtres. Nous posions des questions : Qu’est-ce qu’un rem, un curie, un röntgen ? Vous vous rendez compte de l’étendue de ce pouvoir illimité d’une personne sur quelqu’un d’autre. Si la guerre avait commencé, nous aurions eu des instructions, nous aurions su ce qu’il fallait faire. L’État bénéficie d’une priorité absolue. Mais elle était heureuse ! Je l’ai quittée et je l’ai retrouvée une fois de plus dans ce monde. C’était cela, notre travail. » On exerçait aussi des pressions sur les employés de l’Institut. raduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain. Tous les secrétaires du comité du parti étaient debout à la tribune et la fille du premier secrétaire se tenait près de son papa. Après la guerre, je suis rentrée du camp de concentration… J’ai survécu. Tout se confond dans ma mémoire, ce que j’ai lu et ce que j’ai vu…. Tiens, nous nous signons ! J’ai fait plusieurs interventions… De la propagande… J’ai visité une centrale : tout était paisible, solennel. Cet extrait pourra être utilement employé avec la citation de La Supplication de Svetlana Alexievitch, et la citation issu du Gai Savoir de Nietzsche pour étudier l’attitude de chacun des trois auteurs envers Dieu et la religion – par exemple en étant rapproché de la critique du catholicisme par Nietzsche, mais sur d’autres prétextes (liés à la « dévitalisation » de la force de vivre). » Et, d’un geste crâne, il jette son chapeau par terre. La mort m’est incompréhensible. L’explosion d’un grand nombre d’armes nucléaires provoquera des incendies gigantesques. Et je comprends que je suis la seule à aimer ce coucher de soleil. Des gosses nous entouraient. Ma table, mes vêtements, les murs : tout « luisait ». Et nous, élevés sous. Un autre était chargé de percer un trou, sur le toit, pour insérer un tuyau qui devait permettre de faire descendre les décombres. Les enfants pensent à la mort alors qu’il s’agit d’une chose à laquelle on réfléchit à la fin de sa, Je ne me rappelle jamais un événement dans son intégralité, mais je retiens des détails, des gestes. Même si ce n’est que dans 50 ans ! Se soumettre à la foule, est-ce la solution ? J’ai mesuré la thyroïde de mon fils : 180 microröntgens à l’heure. Même quand on frôle la mort… ». Mais il m’est désormais difficile de reconstituer cet « avant » avec authenticité. Il y avait installé son matelas et son oreiller. Le présentateur vantait l’abnégation des travailleurs. Même quand on frôle. Aujourd’hui, lorsque je me remémore ces journées, je me dis que j’ai éprouvé un sentiment … fantastique. Monologue sur un soldat muet : Lila Mikhaïlovna Kouzmenkova, metteur en scène, enseignante au conservatoire théâtral de Moguilev. Les enfants pensent à la mort alors qu’il s’agit d’une chose à laquelle on réfléchit à la fin de sa vie, pas au début. Plus personne. Caractéristiques de la poésie psalmique biblique. Il me reprocha de semer la panique. Elle a été l’une des premières à apprendre ce qui s’était passé. C’est la mentalité slave. Tout le reste fonctionnait sans eux. Si elle n’a pas été pillée, si tout est en l’état c’est que ses occupants doivent être quelque part, tout près. Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire. Nous partageons la même mémoire, le même sort. Chacun demande aux autres comment ils vont. Il m’appelle souvent. Nous vivons dans un pays de pouvoir et non un pays d’êtres humains. Le commandant a réglé toute l’affaire : « Les volontaires iront sur le toit, et les autres, chez le procureur. Des enfants venus de Minsk passer l’été, couraient autour d’elles. Pourquoi as-tu écrit ? Impossible donc de l’y emmener. Mais regarde-toi dans une glace ! J’ai aussitôt appelé Sliounkov, le premier secrétaire du Comité central de Biélorussie, à Minsk, mais on ne me l’a pas passé. Voilà bien le caractère biélorusse…Nos dieux sont des martyrs. Certains avaient fait, en plus, des études à l’École supérieure du parti. Et aujourd’hui on sait même qu’un troupeau de vaches spécial paissait aux environs de Minsk. sVetLana aLexieVitcH, La suppLication 73 Fiche 7 – L’auteur et le contexte historique et culturel de La Supplication 75. L’éducatrice pleurait : « Ce n’est même pas la peine d’essayer. Avec un vol spécial. ? Autres citations : Vous ne devez pas oublier que ce n’ est plus votre… Vous ne devez pas oublier que ce n'est plus votre mari, l'homme aimé, qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination.La Supplication - Tchernobyl, chronique du monde après l' apocalypse (1997)Citations de Svetlana Alexandrovna AlexievitchSvetlana Alexandrovna Alexievitch C’était à Khotimsk, un chef-lieu de district. J’ai été convoqué : « Sais-tu faire la différence entre l’essence et le gasoil ? Je l’ai fait à la mort de, et j’ai noté ce qui se rapportait à Tchernobyl depuis le premier jour. Personne ne nous obligeait à aller à la manifestation du Premier Mai. La version profane de « la fin du monde » est implantée dans les consciences depuis la révolution industrielle du XIXe siècle. Je l’ai cru. Je l’ai quittée et je l’ai retrouvée une fois de plus dans ce monde. Voilà bien l’erreur de tous les humanistes…Vous voulez savoir ce qu’est Tchernobyl ? J’en ai pris une copie. Je ne peux comparer cela à rien. Mais vous savez déjà tout cela. L’explosion d’un grand nombre d’armes nucléaires provoquera des incendies gigantesques. Ils ne sont pas encore nés et nous avons déjà peur. Ce résumé factuel ne remplace pas la lecture du texte intégral dont il ne prétend pas reproduire les qualités littéraires. D’ailleurs, ils (225) vivent à la manière militaire : des postes de milice, des gens en uniforme, le contrôle des entrées et des sorties, les rations, des fonctionnaires qui distribuent l’aide humanitaire. Les Fausses confidences de Marivaux. Tout poussait, on mangeait tout… Où sont-ils maintenant, ces radiologues ? Et vous prenez des photos. Au sommet non plus, ils ne s’imaginaient pas le tableau. Nous mettions nos masques dès qu’une voiture passait en soulevant la poussière et nous restions dans les tentes après le travail. Ils continuaient à ramasser des bûches en cachette, à arracher des tomates encore vertes pour en faire des conserves. Retrouvez La force de vivre Prépas scientifiques 2020-2021 : Hugo, Les Contemplations - Nietzsche, Le Gai Savoir - Alexievitch, La Supplication et des millions de livres en stock sur Amazon.fr. Chez nous, il n’y a que l’homme au fusil ou l’homme à la croix. C’est une spécialité secrète. Nous entrons dans une maison pour demander de l’eau. Et pas de fumée. On racontait des blagues sans arrêt. Ce résumé factuel ne remplace pas la lecture du texte intégral dont il ne prétend pas reproduire les qualités littéraires. Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire. Pour ma génération… Cela vous choque ? Plus de 3.000. On tire. Je m’arrête devant elle pour ne pas perdre la raison. » … À l’époque, avec cinquante roubles, on pouvait se payer un beau costume. Et les primes comptaient plus que la radiation. (194) Nous avons passé la nuit à la gare. Avant, on nous bourrait le crâne en bous disant combien tout serait merveilleux « s’il n’y avait pas eu la guerre ». Oh ! On ne pouvait pas acheter le cercueil ! » Les deux femmes ont fini par se brouiller, l’une reprochant à l’autre son manque d’instinct maternel, la seconde de déserter. J’ai pris les carnets d’adresses de ma femme et de ma fille et j’ai entrepris d’appeler tout le monde : Moi, chef de laboratoire de l’Institut de l’énergie nucléaire, je vous annonce qu’un nuage radioactif traverse notre ville… Et j’énumère les mesures à prendre : se laver les cheveux, fermer les fenêtres et les lucarnes, relaver le linge qui sèche dehors, boire de l’iode. Pour fonder celle-ci, l’argumentation analyse chacun des « Requiems » et met en évidence la réflexion théologique, explicitement présente dans les écrits de Stravinsky et dans la correspondance de Frank Martin, qui a accompagné leur travail de composition. New York: Oxford University Press, 2006. J’y avais moi-même enseigné. Neuf. Il nous était strictement interdit d’entrer en contact avec la population, mais j’ai vu des enfants. On nous l’a pris tout le temps, effaçant nos traces. Un grand empire ! Vous ne devinez pas où ? » On me prenait pour un (212) fou. » Il y était déjà allé, ce jour-là. Deux femmes se sont lancées dans une grande discussion. Un autre, qui ressemblait à un stylo, pouvait mesurer jusqu’à 200 röntgens. Étions-nous un grand pays ou non ? La Supplication de Svetlana Alexievitch. Nous avons peur de l’extérieur. Nous étions paralysés par la peur et les préjugés, par la superstition de la foi… Mais restons-en aux faits ! De la monarchie russe. La Supplication. Quelques gars se sont rebellés. « Le radiologue est venu et m’a seulement conseillé de ne pas faire sécher les langes dehors. Les journaux écrivaient : « Au-dessus du réacteur, l’air est pur. Vous ne devinez pas où ? Un autre peuple. Mais si la vodka n’était pas d’un grand secours contre les radiations, ses effets psychologiques étaient positifs. Dans La Supplication (1997), Svetlana Alexievitch donne la parole aux victimes de l’explosion de la centrale nucléaire survenue il y a 30 ans. Je convoquais les gens dans mon bureau en leur disant qu’un communiste ne devait pas déserter, qu’un patriote ne devait pas fuir…Ce n’est que plus tard que j’ai eu des soupçons. Questionnaire de lecture, 1ère partie. Que faisions-nous ? Deux sont tombés malades, alors il s’en est trouvé un pour dire : « J’y vais ! On a demandé aux volontaires de faire un pas en avant. « Ne sois pas si pressé, m’a-t-on dit. Temporalités 22 (2015) Aucun d’entre nous n’avait de doute quant au fait qu’on pouvait nous emprisonner pour refus d’obéissance. Elles disaient qu’elles allaient, bientôt, de toute façon. Ils débarquent avec un magnétophone ! Si nous ne les sauvons pas ! Voilà bien l’erreur de tous les humanistes…Vous voulez savoir ce qu’est Tchernobyl ? On écrit dans les journaux que les communistes étaient coupables, car ils construisaient des centrales de mauvaise qualité, par souci d’économie, et ne prenaient pas en compte les vies humaines. Ils n’avaient peur de rien. Avec, et des drapeaux rouges… On a retrouvé un gars dont on croyait qu’il s’était enfui, dans les buissons, deux jours plus tard. À la télé, je vois comment on tue tous les jours. Nous étions des hommes de ciment, tout gris, vêtements compris. Et le parquet. Mais s’il a l’atome à sa disposition… Je ne suis pas une philosophe et je ne vais pas philosopher. Je me suis mise à avoir peur. C’était très grave, cela représente la limite admise dans des locaux soumis à l’irradiation pour une durée de travail ne dépassant pas 6 heures. » Des arbres gris arrosés du liquide de désactivation. Les plus forts étaient la peur et l’impression d’outrage. Où fuir ? L’armée, les moyens techniques militaires sont déjà sur place pour colmater la brèche. Écrivez un livre honnête. D’ailleurs, on va tout nous voler ! où l’on m’envoyait. …. À Braguine : 30.000 microröntgens à l’heure ; à Narovlia : 28.000. Et les miens qui ignoraient tout ! Elle est en terminale et elle a déjà des idées pareilles. Ce n’est que plus tard que j’ai lu la Bible… Et que j’ai épousé une deuxième fois la même femme. L’atmosphère sera saturée de fumée. Ils ne semblaient pas le moins du monde effrayés. Après les deux premiers verres, la plupart soupiraient en se souvenant de leurs femmes et de leurs enfants ou se plaignaient du travail et pestaient contre les chefs. Récemment, j’ai regardé l’émission Moment de vérité, avec Alexandre Iakovlev, membre du Politburo, celui qui était du côté de Gorbatchev. Monologue sur comment deux anges ont rencontré la petite Olga, J’ai mes propres archives. Après un test nucléaire, nous avons bu du vin rouge, le soir, sur le champ de tir. Mais elle nous a été enfin concédée. Il fallait parler de physique, (213) des lois de la physique. Une enquête a été ouverte. Or, maintenant, j’ai envie d’écrire. Il y avait de tout. Tout part, s’évanouit, nos sentiments changent… Avant l’opération, je savais déjà que j’avais un cancer. Nous sommes responsables de tout, y compris des lois de la physique. Partout des tueries, en Tchétchénie, en Bosnie. » (211) Sliounkov me répondit qu’on lui avait déjà fait un rapport, qu’il y avait bien eu un incendie, mais qu’il avait été maîtrisé. Près de Moguilev ! J’ai compilé pendant sept ans des coupures de presse, des notes, des chiffres. Questionnaire de lecture, 1ère partie. À faire des enfants ? Je pense qu’ils ne me croyaient pas ou qu’ils étaient incapables de comprendre le caractère terrible de l’événement. Comment détruire, enterrer, transformer en déchets tout cela ? J’ai écrit à Moscou. Il a une énorme fente en guise de bouche et pas d’oreilles. Nos détecteurs indiquaient 70 curies. Tu pouvais. Des barrières. Résumé et citations, 9e partie, p. 200 à 227. Mais nous, nous avons peur de tout, pour nos enfants, pour les petits-enfants que nous n’avons pas encore. » Mais combien de vies ont-elles coûté ces félicitations ?